Parc & domaine

La présence des comtes et comtesses d’Eu a largement façonné le territoire entourant le château. Ce dernier, aujourd’hui simplement pourvu du jardin à la française, a longtemps été la tête de pont d’un vaste domaine, maintenant morcelé entre différents propriétaires. Les alentours du château sont exceptionnels. La mer offre, à partir du parc, de superbes points de vue et les terres qui l’environnent sont l’occasion de nombreuses promenades.

 


Beauchet | Carte topographique du domaine royal d’Eu
Huile sur toile | 1846 | Don de Monsieur Jacques Buiret, 1994.16

 

Le XIXe s. est l’époque où le domaine connaît un grand nombre de modifications sous l’impulsion de Louis-Philippe et de ses descendants. Le roi fait creuser ou modifier les pièces d’eau du parc, demande la restauration du Pavillon Montpensier, et multiplie les chemins de promenades.

La superficie actuelle de la forêt est de 9 293 hectares. Longtemps restée propriété de la famille d’Orléans, elle a aujourd’hui la particularité d’appartenir à deux propriétaires différents, l’Etat et le département de la Seine-Maritime.

 






  • Table des Guise

    En 1828, Louis-Philippe fait poser une table octogonale en marbre, sur le lieu présumé des conseils où le duc de Guise réunissait les seigneurs de la Ligue durant les guerres de Religion. Il y a fait le texte suivant : « C’est à l’ombre de ces hêtres que les Guises tenaient leurs conseils au seizième siècle. ». Un de ces arbres existe toujours. Un tableau de Henri Decaisne, déposé au château d’Eu par le Louvre, représente un de ces conseils avec le château au second plan.






  • Carlo Marochetti | La statue du duc d’Orléans
    Bronze | 1845 | Dépôt du château de Versailles

    Peu de temps après la mort du duc d'Orléans, en 1842, le gouverneur d'Algérie, où le prince avait combattu, relaya le souhait de l'armée et de la population civile de lancer une souscription publique pour l'érection d'une statue du duc. Un décret du 8 novembre 1842 en fixa les modalités et nomma le sculpteur Marochetti pour la réalisation du projet. La marine contribua également à la souscription, à une telle hauteur que la réalisation de deux sculptures fut possible. Fondus en bronze en 1843, les deux exemplaires se composent de la statue du prince à cheval, accompagnés de deux bas-reliefs. Ces derniers dépeignent la prise de la Citadelle d'Anvers en 1832 et le passage du col de la Mouzaïa, en Algérie, en 1840, deux épisodes militaires où le duc d'Orléans s'était illustré. La sculpture, située près du château d'Eu, a été, sous la Monarchie de Juillet, placée dans la Cour carrée du Louvre entre 1845 et 1848. L'autre exemplaire avait été installé, en octobre 1845, place du Gouvernement à Alger. Elle rejoint la France après l'indépendance algérienne. Elle est installée depuis 1980 à Neuilly-sur-Seine.






  • Le parc et la Roseraie

    Le jardin et le parc paysager portent les marques de l’histoire du château. Quelques arbres y sont centenaires, tel le Guisard planté en 1585. Au XIXème siècle, Louis-Philippe engage des travaux dans le château d’Eu mais aussi à l’extérieur. C’est alors la vogue des parcs romantiques. Fontaine plante et assainit les parties basses du parc. Une roseraie est créée, en demeurant dans les limites du jardin à la française construit pour la Grande Mademoiselle. A l’écart d’effets trop artificiels, les qualités intrinsèques au site sont exaltées, notamment par la mise en place de nombreux chemins de promenades dans le grand parc.






  • Pierre-Léonard Fontaine | Le pavillon Montpensier
    Lithographie tirée du recueil « Domaine privé du Roi » | 1836 | Dépôt du château de Versailles

    Le pavillon Montpensier a été construit par la Grande Mademoiselle où, parait-il, elle abritait ses amours avec M. de Lauzun. Il marquait l’angle du parc au XVIIème siècle. Louis-Philippe le transforme pour que sa famille puisse y boire le thé après ses promenades et voir la mer au loin. Viollet-le-Duc le restaure par la suite.
    A côté du pavillon, un pont permet d’enjamber la route qui sépare le petit parc du grand parc. Le pavillon Montpensier reste la propriété de la comtesse de Paris (1911-2003) où elle s’installe à partir de 1963. C’est là qu’elle rédige ses mémoires. Le pavillon demeure aujourd’hui en mains privées.






  • Henry de MONTAUT | Pavillon des bains
    Aquarelle | 1847 | Don de M. Philippe COPIN, 2010.35

    Le climat océanique, les plages de galets ont fait de la Normandie le berceau de la mode des bains de mer. Ceux-ci ont d’abord une visée thérapeutique. Suite à la chute de l’Empire, les Britanniques s’installèrent sur la côte et à Paris. Leur engouement pour les bains de mer incite les Français à les imiter. Les côtes normandes ont une situation géographique idéale, proches de Paris et des côtes anglaises. Les premiers baigneurs appartiennent, pour l’essentiel, à l’aristocratie française et européenne. La duchesse de Berry, rendant visite à la famille d’Orléans en leur résidence estivale à Eu, attire une foule de baigneurs. Ce pavillon a été détruit lors de la Seconde Guerre Mondiale.






  • Les moulins Packham

    Louis-Philippe, dans le but de faire naître et développer l’industrie en Normandie, charge Georges Packham, un mécanicien anglais, d’élever des mécaniques à l’emplacement d’anciens moulins sur la Bresle. Véritables établissements industriels situés dans le parc même du château, les installations abritent une fabrique de biscuits de mer, une roue actionnant par la force de l’eau des meules pour moudre le blé et le lin, une scierie mécanique. C’est Georges Packham qui refait toute l’huisserie du château ainsi que les parquets, les lambris, les volets intérieurs et les croisées. Il construit également des maisons préfabriquées. Les produits de Packham jouissent d’une bonne réputation et connaissent un certain succès outre-Manche ; ces exportations sont favorisées avec l’inauguration du canal reliant Eu à la mer en 1843.

    Aujourd’hui disparus, ces moulins ont laissé la place à des habitations et à un parc.






  • Obélisque de Sainte-Adélaïde

    Les aménagements royaux vont profondément marquer la forêt.
    Louis-Philippe fait graver sur ce monument, inauguré en forêt d’Eu, l’inscription suivante :

    « Le roi Louis-Philippe premier, ayant donné à cette forêt le nom de sa sœur bien-aimée, madame Adélaïde d’Orléans, a fait ériger cet obélisque pour consacrer ce souvenir d’amitié fraternelle, 1845 »

    Louis-Philippe finance largement l’aménagement de la forêt, il y fait ouvrir par exemple trois nouvelles voies qui portent les prénoms des princesses de sa maison. Il existe ainsi une route Adélaïde, du nom de sa soeur bien-aimée à l'amitié de qui il consacra aussi la stèle, et des routes Louise et Clémentine, en l’honneur de ses filles.






  • Poteau indicateur en fonte

    Patrimoine historique et unique, la forêt d’Eu comporte vingt-huit poteaux indicateurs en fonte (1876-1902) et des maisons forestières spacieuses (1875-1881), installés à l’initiative du comte de Paris et du duc d’Aumale dans l’objectif de faciliter à la fois la pratique de la chasse et la promenade.